Puisque résister, c’est créer…

L’Association  Belle Rive est actuellement en danger : une baisse de 50 % de subvention a été votée au conseil municipal du 13 janvier 2015.

Le 6 février dernier, près de 600 personnes se sont rassemblées dans les rues de Saintes pour soutenir les 2 centres sociaux et la Maison de quartier. Depuis, Belle-Rive résiste, notamment à travers ce texte rédigé par les salariés et les bénévoles du centre.

Nous étions près de 600 personnes dans les rues de Saintes à défendre les 2 centres sociaux et la Maison de quartier, vendredi 6 février 2015 !

 Rappelons ce qui nous a mis en colère :

L’intention de la municipalité de mutualiser les 2 centres sociaux et la maison de quartier de la Fenêtre et de diminuer les subventions de façon drastique cette année. Nous dénonçons cette intention, ainsi que le manque de dialogue avec la municipalité.
Nous souhaitons attirer l’attention de Monsieur le Maire et du conseil municipal sur l’ensemble des missions qui sont les nôtres et sur la plus-value qu’apporte un Centre Social sur un territoire, comme sur l’attention singulière à porter à chaque association, à leurs histoires et aux dynamiques spécifiques à l’oeuvre.
Une mutualisation remet nécessairement l’ensemble du projet Belle Rive en cause. Nous avons un projet fort et ambitieux « développer la capacité à être libre et à agir sur son quotidien, son quartier, sa ville », ainsi qu’une démarche particulière. L’ensemble du système Belle Rive est organisé sous un modèle de coopération Bénévoles/Salariés qui met ainsi toute une dynamique au service du développement de la vie de quartier, de la vie citoyenne sur la rive droite de Saintes. Cette richesse et cette spécificité nécessitent une somme de conditions particulières à réunir (que nous présentons dans un documentaire vidéo à paraître). Pour y parvenir, nous sommes nombreux à nous y investir, et nous ne pouvons pas accepter que l’ensemble des projets menés et des dynamiques engagées soient remis en cause pour réaliser des économies.

 La mobilisation générale plutôt que l’attente :

Le choix des 3 associations saintaises en lien avec la Fédération 17 des Centres sociaux a été de se rendre visibles et audibles auprès des élus qui s’apprêtent à prendre des décisions concernant l’existence des 3 structures. Le Maire a programmé le vote du budget 2015 le vendredi 13 février lors du conseil municipal.
Nous étions environ 600 devant le tribunal de Saintes pour dire non à la mutualisation et affirmer :
– « qu’un centre social, humainement rapporte bien plus qu’il ne coûte financièrement ».
– « qu’il faut tout un village pour éduquer un enfant. Notre village s’appelle Belle Rive ».
– « qu’un centre social est un producteur d’économie locale ».
– « que la volonté citoyenne = la volonté politique ».

Après des prises de parole, nous nous sommes mis en route pour rejoindre l’hôtel de ville où nous avons demandé à être reçus par les élus et les partenaires institutionnels, qui étaient en réunion en Mairie. Nous n’avons pas pu accéder à cette réunion, et après de multiples négociations, seulement deux personnes (Brigitte Roche, Co-Présidente de Belle Rive et Stéphane Goulevant, Directeur du Centre Social de Boiffiers-Bellevue) ont été reçues par 3 adjoints.
Nous avons relevé le défi de multiplier nos voix et ainsi de porter la voix des habitants pour conserver ces lieux démocratiques où les habitants peuvent s’organiser, en s’appuyant sur des salariés qualifiés pour agir sur la ville, que sont les centres sociaux.
Merci à tous ceux qui étaient avec nous dans les rues et à tous ceux qui ne pouvaient pas être là, mais qui nous ont fait part de leur soutien et de l’importance des projets menés pour eux comme pour l’apport qu’ils constituent pour la société.

 Audibles oui, entendus… ? Restons mobilisés !

La démonstration du 6 février n’a pas remis en cause le projet de Monsieur le Maire, qui continue à interroger une éventuelle mutualisation. Il se dit prêt à débuter un dialogue avec nous et les autres acteurs institutionnels, mais il est toujours sur le point de diminuer de façon colossale les financements pour l’année 2015.
La baisse de 50 % de subvention a été votée lors du conseil municipal du 13 janvier. Belle Rive est en réel danger désormais !
La prochaine étape : le 5 mars. Convocation par la CAF de Monsieur le Maire et rendez-vous à suivre avec la Vice-Présidente du Conseil Général. Nous sommes contraints à attendre les résultats de cette négociation politique.
Il est nécessaire de rester mobilisés les jours et les semaines à venir, de nous intéresser aux choix effectués par la municipalité ainsi qu’aux évolutions de nos quotidiens. Car c’est bien de cela dont il s’agit, de la démocratie, un régime politique dans lequel le peuple est souverain. Le premier pilier sur lequel repose l’édifice démocratique est le droit de vote. Rappelons que le mois de mars est un mois où nous élirons de nouveaux conseillers départementaux, le département étant en charge notamment de l’action sociale, à laquelle nous participons activement à travers l’ensemble de nos missions. A une époque, où nombre de citoyens désillusionnés délaissent les bureaux de vote, nous invitons chaque citoyen à user de son droit de choisir des représentants qui oeuvrent pour un projet de société qu’ils partagent. Ne laissons pas aux Autres la possibilité de choisir pour Nous.
Notre association est laïque et apolitique même si le coeur du projet est politique dans le sens où il concerne la vie de la cité. Depuis notre création (1999), nous avons réussi à collaborer avec des municipalités aux tendances politiques différentes. Nous luttons avant tout pour des valeurs que sont la dignité humaine, la solidarité et la démocratie. Nous tenons à la précision qu’apporte la Fédération Nationale des Centres Sociaux et socioculturels :
Opter pour la démocratie, c’est pour les centres sociaux, vouloir une société ouverte au débat et au partage du pouvoir.
Voilà ce que nous attendons de représentants de la démocratie locale.